Ce qu'il faut savoir sur le blocage des prix de l'essence
Ludwig Gallet - publié le 09/08/2012 à 18:19
Les prix à la pompe flambent à nouveau. François Hollande avait promis de les bloquer s'ils grimpaient trop. Comment sont-ils fixés? Pourquoi grimpent-t-ils? Le gouvernement a-t-il les moyens de les bloquer? Les réponses de L'Expansion.com.
Depuis fin juin, le prix du baril de pétrole a augmenté de près de 25%, à plus de 95 dollars. Conséquence: les prix à la pompe en France repartent à la hausse, après deux mois de légère baisse. Les prix de l'essence en France oscillent désormais entre 1,40 et 1,60 euro le litre. En cette période de départs en vacances, cette haisse est malvenue. Ce qui pousse le gouvernement à revenir sur une promesse de campagne de François Hollande: bloquer les prix de l'essence si d'aventure ils montaientt trop haut. Les Français se montrent favorables à une telle mesure. Reste à savoir s'il a les moyens de la mettre en place. Les réponses de L'Expansion.com
Les dessous du prix payé à la pompe
Aujourd'hui, le prix moyen du SP 95 est d' l,57 euro. Plusieurs composantes interviennent sur son niveau. Un élément produit, d'environ 62 centimes le litre. Il s'agit du prix du produit raffiné. Viennent ensuite le prix de la distribution, entre 9 et 10 centimes. Avec des marges brutes de 8 à 9 centimes, qui permettent de faire face aux différents coûts. "La marge nette n'est donc que d'un centime par litre", affirme Jean-Claude Schilansky, président de l'UFIP (Union française des industries pétrolières), contacté par L'Expansion. Et puis viennent les taxes, qui représentent 55% du prix payé à la pompe. A savoir la TICPE (taxe intérieure de la consommation sur les produits énergétiques), issue d'une réforme de 2006, qui a remplacé la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers). Ce à quoi il faut ensuite ajouter la part de TVA.
Devant le niveau très élevé du prix payé à la pompe, le gouvernement a lancé une mission d'inspection sur la transparence des prix du carburant. Une mission de court terme, que Thomas Porcher, Docteur en économie, professeur en marché des matières premières à l'ESG-MS, juge nécessaire. "Elle va permettre de faire réellement la lumière sur la fixation du prix. On va enfin savoir quel est le réel degré de concurrence sur le secteur, qui sont les leaders et les suiveurs".
Pourquoi augmente-t-il ?
Pour Jean-Claude Schilansky, deux raisons principales expliquent la hausse du prix du carburant. La première est d'ordre géopolitique. La situation iranienne inquiète les marchés. On savait que l'embargo sur le pétrole iranien risquait d'impacter les prix. En réalité, les conséquences ont été limitées. Parce que certains pays de l'OPEP, comme l'Arabie Saoudite, avaient temporairement augmenté leur production pour soutenir la demande, notamment européenne. Ce temps de la surproduction a pris fin au mois de juillet. Mais pour l'UFIP, plus que l'embargo, c'est " le risque d'un incident majeur " que craignent les marchés.
L'autre considération est purement politique. "Les annonces de Mario Draghi ont rassuré les marchés, ce qui a favorisé la hausse des cours depuis trois semaines", constate Jean-Claude Schilansky. "Elles repoussent l'idée de la crise, ce qui laisse entendre que la situation tend à s'améliorer et ainsi de suite". En revanche, le cours de l'euro n'a pas eu le moindre impact. Il est resté stable entre juin et aujourd'hui et "n'a joué ni le rôle d'amortisseur ni d'accélérateur".