CYCLISME- Benoît Sinner: "Ce qu'on vit est extraordinaire !"
CYCLISME, COUPE DE FRANCE AMATEURS DN1. Euphorique depuis le début de saison, l'équipe de l'Armée de Terre a encore réalisé une démonstration de force lundi lors du GP de Vougy (Loire), 3e manche de la Coupe de France avec la victoire de Benoît Sinner et cinq coureurs dans les 13 premiers.
Déjà vainqueur du GP de Blangy (dernière manche 2012), du souvenir Jean-Masse (1ère manche) et 2e de Bordeaux Saintes (2e manche), Benoît Sinner (28 ans) a poursuivi sa razzia sur les manches de Coupe de France de DN1 lundi lors du GP de Vougy. Le Seine-et-Marnais ancien pro chez Agritubel (2006-2008) puis Besson Chaussures (2009) a parachevé la nouvelle démonstration de l'Armée de Terre (13e victoire depuis février) ! Alexis Bodiot est 3e, Yann Guyot, 8e, Mathieu Teychenne, 12e et Yoann Barbas 13e.
Un carton plein qui permet aux militaires (627 points contre 298 au 2e Aix-en-Provence) de s'envoler au classement général
Quel sentiment vous laisse cette nouvelle démonstration ?
BENOÎT SINNER. C'est difficile de trouver les mots. On est euphoriques, ce qu'on vit est extraordinaire ! Je n'avais jamais vécu ça depuis que je fais du velo. C'était encore une journée parfaite.
Comment avez-vous manoeuvré ?
L'objectif de départ n'était pas forcément de gagner mais de marquer des précieux points pour la Coupe de France. On espérait placer un coureur sur le podium ou dans le Top 5. Quand on s'est retrouvé à cinq sur treize dans l'échappée, on a tous roulé pour que le peloton ne revienne pas. Quoiqu'il arrive, on savait qu'on allait réaliser une grosse opération. A 3 km de l'arrivée, Mathieu Teychenne et Yoann Barbas ont mis en route pour le sprint. Yan Guyot a ensuite pris le relais. Moi, je pensais emmener Alexis Bodiot mais le final était un peu houleux donc on a fait notre sprint chacun de notre côté. Je gagne et il fait trois. C'est vraiment une grosse satisfaction.
Sur les quatre derniers manches de Coupe de France, vous totalisez personnellement trois victoires et une deuxième place...
C'est juste magnifique... Je n'ai plus rien à prouver et j'ai un rôle de capitaine de route dans l'équipe. J'aime bien conseiller. Toute l'année, je cours pour aider les copains. Mais les manches de Coupe de France constituent un véritable objectif pour l'équipe et pour moi. J'ai gagné aujourd'hui (lundi) mais je ferais tout pour que ce soit un autre la prochaine fois.
Dans le peloton, vos adversaires doivent commencer à raler de vous voir gagner autant...
Ils sont assez interloqués. Mais j'ai l'impression qu'ils partent de plus en plus défaitistes. Comme collectivement on est très fort, ils attendent qu'on passe à l'action. Mais on ne gagnera pas tous les week-end. C'est pour cela qu'on savoure pleinement ces moments-là.
Comment expliquez-vous votre insolente réussite depuis le début de saison ?
Cette question, on me l'a posé une centaine de fois (sourire). S'il y avait un secret ou une recette, ce serait facile de le reproduire à chaque fois. Sincèrement, je pense qu'on bénéficie d'une réussite totale. Dans l'équipe, tout le monde tire dans le même sens. Il n'y a pas de soucis d'ego. Personne n'a peur de se cracher dans les pognes pour le copain. Il n'y a pas de craintes de se rater, de pression car on sait que si on est moins bien, quelqu'un d'autre sera capable de prendre le relais. Il y a aussi un turn-over permanent dans l'équipe donc on peut décompresser. Tout cela nous permet de courir libéré et de prendre beaucoup de plaisir.
Sur un plan personnel, quand vous voyez-vous votre niveau de performance actuel, n'avez-vous pas de regrets d'avoir dû redescendre chez les amateurs en 2010 ?
Je n'ai pas de regrets sur mes quatre ans chez les pros. Quand je suis redescendu chez les amateurs en 2010 au Team Bonnat, j'envisageais d'entamer une formation de boulanger. Mais j'ai rejoint le projet de l'Armée de Terre en 2011 avec la possibilté de devenir moniteur de sport. Le sport, c'est mon élément, ma passion donc je suis très heureux dans ma vie actuelle. Je ne cours plus après un passage chez les pros. J'ai déjà eu ma chance et je préfère laisser la place aux jeunes de l'équipe comme Combaud ou Le Roux. Mais si on me le propose, j'étudierais forcément la question...
L'idéal serait finalement que l'Armée de Terre décide de monter chez les pros ?
Ce serait le summum ! Cela nous permettrait de rester tous ensemble. Mais la décision ne nous appartient pas à nous les coureurs. Je ne sais pas si l'Armée en aura la volonté et les moyens financiers. Mais nos résultats peuvent peut-etre aîder le staff à trouver un sponsor qui accompagnerait l'Armée dans l'aventure.