Euro-basket. Céline Dumerc : « Même en rêve, on n'imaginait pas ça »

Publié le par portable batterie - ordinateur portable batterie

La capitaine des Bleues, Braqueuse en chef, a ajouté deux lignes à son palmarès depuis les Jeux. Une troisième place en Euroligue et le titre national avec Bourges. Pour le sacre européen, rendez-vous semble pris le 30 juin.

Céline Dumerc, ça fait quoi d'entrer dans le dictionnaire ?


(Elle sourit). C'est énorme, n'importe quoi, c'est une blague géante ! Non, c'est un joli petit clin d'oeil. Il m'est arrivé plein de choses depuis les Jeux. Je ne pensais pas réaliser une compétition comme ça, je ne pensais pas jouer à ce niveau-là, et derrière l'engouement qu'il y a eu, la médiatisation, tous les petits clins d'oeil que j'ai pu recevoir...

L'élection de la meilleure sportive... Plein de choses comme ça que, même dans un rêve, on n'ose pas imaginer. Là, je fais la première page du dictionnaire Hachette, mais je n'ai pas percuté tout de suite que je rentrais dedans. Au début, je me suis juste dit : Tiens, c'est sympa, ils ont mis ma photo ! Mais c'est n'importe quoi.

 

Votre troisième place en Euroligue et le titre de champion avec Bourges sont autant d'événements magiques pour vous depuis les Jeux ?


Complètement ! C'est vrai que, depuis les JO, je plane un peu... Avec tous les obstacles qu'on a rencontrés avec Bourges durant la saison, terminer sur un titre inespéré alors que nous étions menées 1-0... Voilà, je l'ai déjà dit et je le répète, c'était le plus beau titre de championne de France de ma carrière ! C'était dans la continuité des Jeux et j'espère que cela va continuer jusqu'au 30 juin (date de la finale de l'Euro).

« Des frissons partout »

 

Un an après, l'effet JO semble avoir perduré jusqu'à cette préparation à l'Euro qui a parfois ressemblé à une tournée de remerciements...


C'est vrai, c'est incroyable un tel engouement. Après les Jeux, il y avait un tel enthousiasme, mais on sait aussi que c'est un peu un soufflé. Quand on est sur la vague, on parle de nous, mais tout doucement l'année est passée et la Ligue féminine n'est pas non plus surmédiatisée, donc les gens auraient pu un peu nous oublier. Mais non, les supporters sont là : on a pu les voir dans toutes les salles. C'est un pur « kif » de jouer dans des salles pleines, ça donne une énergie supplémentaire. Entendre la Marseillaise chantée par tout le public, ça donne des frissons partout, c'est magique.

 

Le défi désormais, c'est de faire durer le plaisir le plus longtemps possible durant l'Euro ?


Exactement ! On a envie de faire de belles choses parce que le public sera là. Ce sera notre public, il sera pour nous... D'habitude, lors des précédents championnats d'Europe qu'on a pu jouer, à part lorsqu'on rencontre l'équipe qui organise, les salles sont plutôt vides. Là, on est sûr d'avoir des salles pleines : il va falloir en profiter à fond.

 

Vous avez réussi une préparation parfaite : neuf matches, neuf victoires. Tout le monde vous annonce déjà championnes, comment gérez-vous cela ?


Ça, c'est le rôle de l'entraîneur qui nous rappelle à l'ordre, nous refait travailler et nous passe des vidéos pour nous montrer qu'il y a aussi des choses qui n'ont pas été bien faites. Après, on a toutes la maturité et le recul nécessaires pour savoir qu'on n'a pas été parfaites. On est là pour travailler et on ne se voit pas plus belles que l'on est. On sait très bien qu'il va falloir batailler dur.

« Tout peut s'écrouler très vite »

 

Mais vous êtes favorites, c'est un fait...


Vous nous dites favorites, l'entourage nous dit favorites. Nous, on est sereines, on a envie, on est motivées, appliquées. On travaille à l'entraînement et on a les pieds sur terre. On prendra les matches les uns après les autres, avec toujours dans l'optique que le quart de finale est un match clé dans cette compétition : il faut vraiment faire attention et ne pas se projeter déjà sur la finale et la fête qu'il pourrait y avoir après. Tout peut s'écrouler très vite et tout le monde va vouloir la peau de l'équipe de France aussi. À nous de rester vigilantes, mais je n'ai aucun doute : le staff saura nous remettre dans le droit chemin si l'on déraille.

 

L'équipe a été renouvelée presque de moitié depuis les JO. L'alchimie est-elle toujours la même ?


Oui, même si nous n'aurons vraiment la réponse que quand la compétition va débuter, le 15, le 16, le 17. Ce sera là le véritable révélateur. Pour l'instant, la préparation s'est bien passée, mais certains matches ont été un peu trop faciles à mon goût. Parfois, quand on gagne trop facilement, on ne s'applique pas suffisamment. Mais pour ce qui est du groupe, tous les jours on a un peu plus de vécu ensemble et on espère qu'on va en emmagasiner encore...

 

Avez-vous un rôle particulier auprès des nouvelles venues ?


Oui et non, dans le sens où l'entraîneur fait un boulot merveilleux par rapport à ça. Il nous parle beaucoup et il va essayer d'impliquer tout le monde, de rassurer tout le monde aussi. Et puis, ça se fait tellement naturellement... (Elle réfléchit). Je ne dis rien de particulier et je ne fais rien de particulier, en fait, le groupe vit tellement bien que tout se fait naturellement, vraiment. Il n'y a pas de recette ou de mots magiques qui font que tout le monde suit ou pas.

« Le prochain, on le remporte ensemble »

 

Grande-Bretagne, Lettonie, Serbie : que pouvez-vous nous dire de vos adversaires du premier tour ?


Ce sont des équipes « chiantes », autant se le dire (elle sourit). Ce sont des équipes difficiles à manoeuvrer, des grandes joueuses, talentueuses, hargneuses. Notamment la Grande-Bretagne : ce sont des « chiennes » de garde. Et puis ça joue bien parce qu'il y a une grosse cohésion collective. Il n'y a peut-être pas de fortes individualités, mais cette cohésion peut nous poser parfois des problèmes.

 

Un mot sur Edwige Lawson que vous avez battue en finale du championnat de France. Elle prendra sa retraite après l'Euro : il faut lui offrir ce titre pour vous faire pardonner ?


(Elle sourit). Je lui avais dit : il te faut deux titres sur trois avant de partir. Elle en a un avec la Coupe de France (gagnée par Montpellier), donc le prochain, on le remporte ensemble. C'est écrit et planifié, on va envoyer la lettre !

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