Kenya : élection présidentielle sous tension

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Vendredi, dans un message radio-télévisé, le président Kibaki, qui, à 81 ans ne se représente pas, a solennellement appelé les 14,3 millions d'électeurs à se rendre aux urnes pacifiquement et les candidats malheureux à accepter la défaite.

 

Uhuru Kenyatta, l'un des favoris du scrutin, et son colistier William Ruto (au second plan) sont accusés d'être à l'origine des violences de 2007.
Uhuru Kenyatta, l'un des favoris du scrutin, et son colistier William Ruto (au second plan) sont accusés d'être à l'origine des violences de 2007. Crédits photo : SIMON MAINA/AFP

 

Dimanche, même pour un jour du Seigneur, Nairobi apparaissait étrangement calme. La capitale kényane redoute les élections générales de lundi, les premières depuis le scrutin de 2007 qui avait plongé, contre toute attente, le pays dans un violent conflit.

 

À 81 ans, le président sortant, Mwai Kibaki, ne se représente pas. Il laisse face à face deux poids lourds de la ­scène politique, son héritier supposé, Uhuru Kenyatta, et Raila Odinga. Ce dernier, déjà candidat en 2007, voit là, à 68 ans, sa dernière chance d'accéder au pouvoir dans la grande puis­sance d'Afrique de l'Est, avec un programme qui se veut social. Kenyatta, plus jeune, 51 ans, est plus libéral. Mais l'affrontement ne se limite pas, tant s'en faut, à une querelle politique. Derrière les deux hommes, il y a l'histoire, celle de la rivalité entre leurs pères, Jomo Kenyatta, «le père de l'indépendance», et Jaramogi Odinga, le grand perdant des luttes des premiers combats politiques. Il y a aussi les oppositions ethniques, comme toujours au Kenya, pays très divisé. Pour les Kényans, Kenyatta est avant tout le représentant Kikuyu, la plus grande tribu, quand Odinga incarne les Luos, un autre grand groupe régulièrement écarté des plus hautes fonctions.

 

Plus que le reste, c'est ce clivage ethnique qui avait conduit aux affrontements de 2007, qui avaient fait environ 1 000 morts et causé le déplacement de 600 000 personnes. Pour sortir de cette violence, la communauté internationale avait imposé un gouvernement d'union nationale, offrant à Odinga un poste de premier ministre et à Uhuru Kenyatta, celui de vice-premier ministre. Elle avait aussi menacé de sanctions.

Uhuru Kenyatta, comme son colistier William Ruto, accusés d'être les principaux instigateurs des violences de 2007, sont poursuivis par la Cour pénale internationale (CPI).

 

Entre les deux, le duel s'annonce serré. Les sondages les placent au coude-à-coude, sans toutefois assurer la victoire de l'un ou de l'autre au premier tour. Plusieurs experts s'inquiètent de cette indécision et redoutent qu'elle ne favorise de nouvelles tensions. «Les causes profondes qui ont poussé au bain de sang en 2007 n'ont pas été réglées», alerte ainsi Human Rights Watch.

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Publié dans Actualités

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