Le cadre de l'usine de PSA à Aulnay a été libéré

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Par Cyrille Pluyette Mis à jour le 17/10/2012 à 22:27 | publié le 17/10/2012 à 20:22 Réactions (15)
Une manifestation devant l'usine de PSA à Aulnay, le 12 juillet dernier.
Une manifestation devant l'usine de PSA à Aulnay, le 12 juillet dernier. Crédits photo : MARTIN BUREAU/AFP

Un cadre de l'usine de PSA, qui doit fermer en 2014, était retenu par des salariés depuis mercredi matin. Il a été libéré peu avant 22 heures.

Séquestré depuis 11 heures ce matin, le cadre de PSA a été libéré peu avant 22 heures, a annoncé la direction du site. «Il a été libéré. Il est parti avec les pompiers, un médecin et une psychologue. Il a l'air d'aller bien», a indiqué une porte-parole de la direction de cette usine de PSA Peugeot Citroën en Seine-Saint-Denis qui doit fermer en 2014.

 

Le cadre était retenu par une centaine de salariés, parmi lesquels des responsables du syndicat Sud et de la CGT. Les manifestants souhaitent «l'arrêt des retraits sur salaire pour les salariés qui interrompent leur travail pour discuter avec des délégués syndicaux», selon Mohamed Khenniche, représentant Sud. Des négociations concernant cette séquestration étaient en cours depuis 17 heures, entre la direction des ressources humaines du groupe et les

représentants de la plupart des syndicats à l'usine de Poissy.

 

Mardi, une dizaine de personnes avait déjà fait irruption dans les locaux de la direction, après avoir cassé une porte et saccagé les lieux, selon un témoin. Le téléphone portable du directeur a été volé, de même que du matériel, selon un membre du personnel de l'usine, qui indique qu'un cadre a reçu un coup de poing en tentant de protéger le directeur. Ces salariés ont obligé le directeur de l'usine à signer un accord pour mettre fin à ces retenues.

Après ces faits, «Denis Martin, le directeur industriel du groupe, a fait savoir que ce document n'avait aucune valeur», car «il a été obtenu sous la contrainte», a souligné un porte-parole du constructeur. «Cette attitude n'est pas acceptable, mais il s'agit d'une poignée de personnes qui n'est pas représentative des salariés», a-t-il ajouté. L'usine d'Aulnay compte 3000 salariés.

 

«On ne résout rien avec la violence. En faisant cela, on donne des arguments à la direction, cela joue en notre défaveur», a réagi Tania Sussest, la représentante du SIA, le syndicat majoritaire à l'usine, qui juge cette action «contre-productive».

 

«Une centaine de salariés manifestent environ une fois par mois sur le site, mais c'est la première fois que de tels dérapages se produisent», indique la porte-parole de l'usine, selon laquelle de nombreux salariés sont choqués. Les salariés ont séquestré ce cadre ce matin, alors qu'il organisait l'évacuation des bureaux de la direction, après les événements de la veille.

 

Alors que se multiplient les plans de suppressions d'emplois, ces premiers débordements constituent un signal inquiétant. Le 9 octobre, déjà, la manifestation organisée par la CGT devant le Mondial de l'automobile, pour défendre notamment les salariés de PSA, avait fait l'objet d'incidents. Plusieurs dizaines de manifestants avaient jeté des fusées d'alerte, des morceaux de pavés et des grilles d'arbres sur les forces de l'ordre qui leur refusaient l'entrée du salon. Les CRS avaient riposté avec des tirs de gaz lacrymogène avant de se réfugier derrière les grilles. Quatre gendarmes mobiles avaient été légèrement blessés selon la Police.

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