Le corps de Yasser Arafat exhumé mardi à Ramallah

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Huit ans après son décès dans un hôpital militaire de la banlieue parisienne, le corps de Yasser Arafat sera exhumé mardi dans le cadre d'une enquête pour déterminer si l'ancien dirigeant palestinien a été assassiné.

 

Une quantité anormale de polonium avait été découverte sur les effets personnels de l'ancien président de l'Autorité palestinienne. © Radio France Grégory Phillips


Une "nécessité douloureuse" : c'est ainsi que Taoufic al Tiraoui, le président de la commission palestinienne chargée de superviser l'enquête, qualifie l'exhumation de Yasser Arafat. Mais, ajoute-t-il au siège de l'Autorité autonome à Ramallah, les Palestiniens détiendraient "des éléments tendant à montrer que Yasser Arafat a été assassiné par les Israéliens".

Du polonium sur ses effets personnels

Le 11 novembre 2004, le dirigeant palestinien mourrait à l'hôpital militaire français de Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine) : il y avait été transporté d'urgence le 29 octobre, pour sombrer ensuite dans un coma de plus en plus profond.

 

En août 2012, une enquête pour assassinat est confiée à trois juges d'instruction de Nanterre : une quantité anormale de polonium, une substance radioactive particulièrement dangereuse (Le polonium avait notamment servi à l'empoisonnement en 2006 à Londres d'Alexandre Litvinenko, un ex-espion russe devenu opposant au président Vladimir Poutine) a été découverte sur les effets personnels de l'ancien président de l'Autorité palestinienne, remis par Souha, sa veuve, qui a porté plainte pour assassinat le 31 juillet 2012. Ni contre un groupe, ni contre un Etat. Mais contre X, "au nom de sa fille mineure Zahwa" "Cette plainte pour assassinat dirigée contre X - de telle sorte que Souha et Zahwa Arafat n'accusent personne : ni Etat, ni groupement, ni individu - n'a d'autre objet que d'établir la vérité en mémoire de leur mari et père", écrivait alors la veuve dans un communiqué.

Les autorités israéliennes nient être impliquées

Déjà, au moment de sa mort, le soupçon d'un assassinat flottait dans la rumeur, au moins parce qu'en France, les médecins s'étaient déclarés incapables d'établir la cause de son décès. Aucune autopsie, conformément à ce que souhaitait Souha Arafat, n'est alors pratiquée. Huit ans plus tard, Souha veut la vérité, mais est pressée par le temps : d'après l'Institut de radiophysique de Lausanne, qui avait procédé à l'analyse des effets personnels, un délai de huit ans est considéré comme la limite pour pouvoir détecter toute trace de substance radioactive.  En Israël, les autorités nient, assurant qu'elles ne sont impliquées en quoi que ce soit dans la mort du leader palestinien.

Ni médias, ni public lors de l'exhumation

La dépouille mortelle d'"Abou Ammar" devrait être extraite de son mausolée hors la présence du public et des médias : des échantillons distincts seront confiés à des équipes de médecins légistes français et suisses, ainsi qu'à une équipe d'experts russes, invités par les Palestiniens à aider à l'examen. Après l'enquête, "le corps d'Abou Ammar reprendra sa place lors d'une cérémonie militaire qui sied à un dirigeant du peuple palestinien", assure Taoufic al Tiraoui.

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