Le modéré Hassan Rohani en tête de la présidentielle en Iran
Le candidat modéré Hassan Rohani serait en tête du premier tour de l'élection présidentielle en Iran selon des résultats préliminaires indiqué par le ministre de l'intérieur iranien sur la télévision nationale, samedi 15 juin. Après le décompte d'un peu plus de 826 000 bulletins, soit environ 2,5 % de l'ensemble, dans 1 631 bureaux de vote, Rohani obtiendrait près de 402 000 voix (46,63 %) loin devant le maire de Téhéran, Mohammad Baqer Ghalibaf crédité de près de 127 000 suffrages (14,72 %).
Saïd Jalili, chef des négociateurs sur le programme nucléaire iranien, arrive en troisième position avec 119 000 voix, suivi de près par Mohsen Rezaie, ancien chef des Gardiens de la Révolutions, 109 000 voix. Les deux autres candidats, l'ex-chef de la diplomatie Ali Akbar Velayati et Mohammad Gharazi sont hors-course.
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Quelque 50 millions d'Iraniens étaient appelés aux urnes pour désigner un successeur à Mahmoud Ahmadinejad. Le taux de participation devrait atteindre 70 % dans la province de Téhéran, selon un responsable, et serait même supérieur dans d'autres régions. Certains bureaux de vote sont restés ouverts pendant cinq heures supplémentaires en raison de l'affluence.
APPELS AU CALME
Hassan Rohani, un religieux de 64 ans et candidat unique des modérés et réformateurs, a remercié dans un communiqué ses partisans qui se sont mobilisés pour "créer cette merveille". "Cette participation et l'unité (des réformateurs et modérés) aidera l'Iran a prendre une nouvelle voie", a-t-il ajouté.
Aucun résultat n'avait été donné avant l'intervention du ministre, contrairement aux élections précédentes. Le porte-parole du Conseil des gardiens de la Constitution, chargé de superviser les opérations de vote, s'était borné à indiquer qu'aucune irrégularité n'avait été établie. Dans un communiqué commun, les représentants des six candidats ont fait part de "rumeurs" sur "l'organisation de fêtes de victoire", demandant "au peuple de ne pas y prêter attention et d'éviter tout rassemblement avant l'annonce des résultats officiels".
En 2009, l'annonce de la réélection de M. Ahmadinejad dès le premier tour avait provoqué des heurts entre police et partisans des deux candidats réformateurs, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, puis plusieurs semaines de manifestations de masse dénonçant des fraudes massives. Le mouvement avait été sévèrement réprimé par le pouvoir et les deux ex-candidats sont en résidence surveillée depuis 2011.
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LA CRISE ÉCONOMIQUE, PRINCIPALE PRÉOCCUPATION DES ÉLECTEURS
Malgré la chaleur, les électeurs ont formé toute la journée de longues queues devant plusieurs bureaux de vote de la capitale. L'un des premiers à voter, le guide suprême Ali Khamenei, a appelé à la mobilisation pour "la prospérité et le bonheur du pays". Pour le camp réformateur, l'enjeu était de mobiliser les abstentionnistes, ceux qui avaient manifesté contre la réélection de M. Ahmadinejad puis juré de ne plus participer à un scrutin qu'ils estimaient joué d'avance. Du côté des conservateurs, il s'agissait de montrer que le peuple soutenait le régime face à ses "ennemis".
La majorité des électeurs partageait une seule et même préoccupation : la crise économique, marquée par une hausse du chômage, une inflation supérieure à 30 % et une dépréciation du rial de près de 70 %. En cause : les sanctions internationales décrétées contre le programme nucléaire iranien, soupçonné d'avoir une visée militaire sous couvert de nucléaire civil, ce que Téhéran dément.
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Hassan Rohani, qui fut également négociateur nucléaire en chef mais sous la présidence du réformateur Mohammad Khatami, prône plus de souplesse dans les négociations avec les grandes puissances pour alléger ces sanctions. Saïd Jalili ou Mohammad Bagher Ghalibaf, eux, refusent toute "concession".
Le prochain président sera le deuxième personnage de l'Etat selon la Constitution iranienne, mais il n'aura que peu d'influence sur les dossiers stratégiques comme le nucléaire, qui sont sous l'autorité directe du guide suprême.