Quand " la Frondeuse " vire à l'incendiaire

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Valérie Trierweiler au cœur d'une nouvelle affaire. Valérie Trierweiler au cœur d'une nouvelle affaire. - (Photo AFP)

François Hollande et Manuel Valls, devaient-ils témoigner contre les biographes de Valérie Trierweiler, au détriment de la séparation des pouvoirs ?

 

Eh bien voilà, la « Frondeuse » vire à l' « incendiaire ». Et ce qui devait être un dossier réservé à la presse pipolisante frise l'affaire d'État. Ouvert hier, mais intenté par Valérie Trierweiler dès la publication, le 11 octobre dernier, d'une biographie non autorisée, le procès en diffamation contre Alix Bouilhaguet et Christophe Jakubysyn a pris une tournure épidermiquement politique.

 

L'en-tête de l'Intérieur


Deux courriers, versés aux cotes comme simples témoignages, ont suffi.


Le premier, manuscrit et sur papier libre, porte le paraphe de François Hollande. Dans cette courte note, le chef de l'État dénonce comme « pure affabulation, plusieurs passages de l'ouvrage relatifs à une prétendue lettre, jamais écrite ». Datée de la campagne présidentielle de 1995, cette missive destinée à Patrick Devedjian, devait solliciter selon les deux journalistes, l'organisation d'une entrevue secrète avec Édouard Balladur, Premier ministre de François Mitterrand et candidat à l'Élysée.


Dans une seconde lettre, portant l'en-tête de la place Beauvau, Manuel Valls confirme avoir reçu l'un des auteurs courant juin. Mais le ministre de l'Intérieur conteste à son tour avec vigueur les propos qui lui sont attribués « souvent approximatifs, partiels et sortis de leur contexte » lorsqu'ils n'ont pas été « entièrement inventés ». Ce proche du couple présidentiel évoque en particulier un long passage consacré au tweet de soutien adressé en juin dernier par Valérie Trierweiler à Olivier Falorni, adversaire (victorieux) de Ségolène Royal en terre rochelaise.


Cette double et éminente contribution à l'éclairage des magistrats, n'a pas manqué d'indigner Me Pardo défenseur de l'éditeur. « La séparation des pouvoirs a été violée » s'est indigné hier l'avocat qui entend conserver les pièces pour les confronter à l'enregistrement du verbatim de Manuel Valls, prudemment conservé. L'opposition s'est engouffrée dans cette nouvelle brèche dénonçant par la voix d'Éric Ciotti « une intervention ahurissante et choquante ».


Faute d'avoir pu aborder le fond, le tribunal a reporté avec sagesse sa décision au 28 janvier. Valérie Trierweiler, première dame décidément tapageuse depuis la bourde du tweet, demande 80.000 € de dommages et intérêts.
Les dégâts politiques, eux, n'ont pas été évalués. Peut-être ne font-ils que poindre.

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" Frondeuse " peut-être, mais d'abord procédurière


Dès la publication de « La Frondeuse » le 11 octobre dernier, Valérie Trierweiler avait fait connaître son intention de porter plainte pour « atteinte à la vie privée et diffamation ». La première dame de France n'a cependant pas été placée devant le fait accompli. L'ouvrage résulte de multiples entretiens avec les auteurs qu'elle connaît de longue date et qu'elle tutoie. « Par courtoisie » indiquent-ils, ceux-ci lui avaient d'ailleurs fait parvenir les épreuves en cours de relecture.


Outre les coauteurs et leur éditeur (les Éditions du Moment qui, fin août, avaient déjà fait paraître un portrait de Ségolène Royal titré « L'Ex ») Valérie Trierweiler a engagé une procédure contre « Point de Vue », ordinairement spécialiste de l'actualité heureuse, pour diffusion de passages de « La Frondeuse ». Soucieuse de son image, l'ex-journaliste de « Paris Match » a, d'autre part, engagé des procédures conjointes contre « VSD », « Public », « Voici » et « Closer » à la suite de la publication de photos du couple présidentiel en tenue de bain de mer, sur la plage de Brégançon. Patrick Devedjian, évoqué dans « La Frondeuse » devait saisir la justice, lui aussi. On n'ose plus écrire « solidairement ».

 

repères


A quoi tiendrait le corps du délit


Deux ou trois choses, que l'on prétendait savoir d'elle dans le Paris politico-médiatique alimentent les bonnes feuilles de « La Frondeuse ». Et son contentieux.


La première, et la plus lourde de conséquences, porte sur une très hypothétique liaison entre Valérie Trierweiler et Patrick Devedjian, cacique UMP des Hauts-de-Seine (en campagne dans une législative partielle ces jours-ci). Cette proximité, aujourd'hui présentée par les auteurs comme une « relation privilégiée », aurait facilité un contact secret entre François Hollande et Édouard Balladur. Ce que conteste fermement le chef de l'État.


Le charme et l'élégance de la première dame aurait suscité des hommages multiples et empressés, croient devoir rapporter Alix Bouilhaguet et Christophe Jakubysynn. Ceux de Nicolas Sarkozy et de… DSK n'étant pas les moins insistants. Les faits, les mots, les dates et les lieux sont avancés.


Valérie Trierweiler le réfute énergiquement et ne cautionne pas davantage la présentation de son fonctionnement et de ses relations au sein de la rédaction de « Paris Match ».


Les auteurs décrivent « un rapport de force permanent » de la journaliste politique avec ses employeurs (le groupe Lagardère). Jouissant d'un statut privilégié, elle aurait, au moment de la campagne présidentielle et de la constitution d'équipes dûment accréditées, fait écarter une consœur chevronnée au profit d'une autre, moins capée mais plus aisément contrôlable.

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Publié dans Actualités

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