Syrie: voiture piégée à Damas, bombardement à Qousseir, et conférence de paix reportée
Un attentat à la voiture piégée a tué neuf policiers dimanche à Damas, au moment où l’armée bombardait les positions rebelles à Qousseir, où l’ONU annonçait un rapport dévastateur pour mardi et où la conférence de paix prévue pour juin était reportée à juillet.
Une attaque a fait au moins neuf morts parmi les membres des forces du régime dans la matinée de dimanche dans le quartier de Jobar, dans l’est de la capitale, lors de l’explosion d’une voiture piégée près d’un commissariat de police.
L’agence officielle syrienne Sana a confirmé quant à elle l’explosion d’une voiture piégée, et fait état de 10 civils blessés.
Le quartier était dimanche le théâtre de combats intenses entre armée et rebelles, rapporte aussi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, l’OSDH.
L’attentat n’a pas été revendiqué, mais les observateurs font remarquer que nombreuses attaques de ce genre ont été perpétrées dans par les djihadistes du Front al-Nosra, en tête de la lutte des rebelles contre le régime syrien, mais qui a fait allégeance à Al-Qaïda, mais qui a été désigné organisation terroriste par les États-Unis et, plus récemment, par le Conseil de sécurité de l’ONU qui a ajouté vendredi 31 mai les rebelles d’al-Nosra à sa liste d’organisations qu’il considère comme terroristes et qui sont sujettes à des sanctions, en raison de leurs liens avec Al-Qaida.
Photo prise au téléphone portable le 2 juin 2013 et montrant des tanks syriens en route vers la ville de Qousseir (Photo: AFP)
À Qousseir, après avoir reçu de nouveaux renforts À Qousseir, les troupes du régime avec le soutien des centaines de combattants du Hezbollah chiite libanais, resserraient encore davantage l’étau autour des rebelles, désormais retranchés dans le nord de cette ville stratégique située près de la frontière libanaise, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, l’OSDH, qui peut compter sur un réseau de militants, médecins , travailleurs humanitaires et simples citoyens sur le terrain pour être informée de la situation.
Les troupes du régime bombardaient toujours dimanche par avion et à l’artillerie lourde les positions rebelles dans le nord de la ville et à la périphérie et l’OSDH fait état de milliers de civils et d’un millier de blessés bloqués à Qousseir.
L’armée de Damas et le Hezbollah ont lancé le 19 mai l’assaut contre cette ville, longtemps place forte de la rébellion, pour ouvrir un passage sûr entre Damas et le littoral syrien, le pays alaouite, Lattaquié et Tartous, base arrière du régime.
L’ONU annonce un rapport dévastateur
L’ONU s’est dite inquiète pour les civils pris au piège, évoquant une situation générale «désespérée» dans la ville et Paulo Pinheiro, président de la commission d’enquête internationale et indépendante de l’ONU, a prévenu que le rapport qu’il doit présenter mardi était «terrifiant».
La magistrate suisse Carla Del Ponte, membre de cette commission créée en 2011, a évoqué quant à elle des crimes «d’une cruauté incroyable».
«Je n’ai jamais vu ça, y compris en Bosnie», a ajouté Mme Del Ponte, ancien procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, pour qui le rapport dénoncera, comme les précédents, des crimes «commis des deux côtés».
Dénonçant pour sa part «la combinaison de sectarisme, de radicalisation, d’escalade des violations des droits de l’Homme», Paulo Pinheiro a estimé que la Syrie était désormais plongée dans «un confit régionalisé et même internationalisé».
Genève 2 en juillet, la dernière chance
Par ailleurs, doit se tenir cette semaine une réunion ONU-Russie-États-Unis à Genève pour préparer la conférence de paix dite de Genève 2, qui pourrait avoir lieu en juillet, selon le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.
La conférence dite de Genève 2, initiée par Washington et Moscou pour rapprocher le pouvoir et l’opposition syrienne opposition et tenter de parvenir à une solution politique, était initialement prévue pour le mois de juin.
Mais le régime syrien, tout en donnant son accord de principe pour participer à cette conférence, a lancé l’attaque de Qousseir avec l’aide du Hezbollah libanais et Bachar al-Assad a réitéré lors de l’entrevue de la semaine dernière à la télévision du Hezbollah sa volonté de rester au pouvoir jusqu’aux élections prévues en 2014, alors que l’opposition exige toujours, préalablement à toute négociation, le départ d’Assad et l’arrêt des combats, particulièrement ceux impliquant le Hezbollah libanais aux côtés de l’armée à Qousseir.
La conférence internationale de paix sur la Syrie sera [si elle a bien lieu] la «conférence de la dernière chance», a déclaré pour sa part dimanche le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius.

