Tunis : gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants
Des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant le ministère de l'Intérieur pour réclamer la chute du régime, après l'assassinat du député opposant Mohamed Brahmi.
Des Tunisiens se sont rassemblés jeudi à Tunis pour dénoncer l'assassinat du député d'opposition Mohamed Brahmi. © MOHAMED MESSARA/EPA/MAXPPP
La police a tiré des gaz lacrymogènes jeudi pour disperser des dizaines de manifestants rassemblés devant le ministère de l'Intérieur pour réclamer la chute du régime, après l'assassinat d'un député d'opposition Mohamed Brahmi. La police est intervenue lorsque les manifestants ont bloqué l'avenue centrale Habib Bourguiba et installé une tente pour un sit-in nocturne devant le ministère, en criant "A bas le parti des frères, à bas les tortionnaires du peuple", en référence aux liens étroits entre le parti islamiste Ennahda au pouvoir et la confrérie des frères musulmans en Egypte. Des manifestations ont éclate jeudi après-midi aussitôt après l'annonce de l'assassinat de Mohamed Brahmi, tué de onze balles tirées à bout portant au sortir de son domicile, près de Tunis.
Après une accalmie à l'heure de la rupture du jeûne du ramadan la manifestation a repris et un dispositif sécuritaire important a été déployé dans Tunis. "C'est aujourd'hui qu'Ennahda doit tomber", ont crié les manifestants pour la plupart des jeunes issus de la gauche. D'autres ont scandé des slogans contre le chef d'Ennahda Rached Ghannouchi qualifié d'assassin". "Ennahda qui a montré son incompétence à diriger le pays, assume la responsabilité de ce crime. Nous resterons dans la rue jusqu'à ce qu'il parte à jamais", déclare à l'AFP Mohamed Maaroufi, membre d'un comité de jeunes encadrant les protestations.
"Qu'ils partent"
"Qu'ils partent! Les nahdaouis se sont partagés le gâteau de la révolution au détriment des jeunes à l'origine du soulèvement(qui a chassé le président Ben Ali du pouvoir début 2011)", a-t-il ajouté. Selon lui des jeunes de Sidi Bouzid, ville natale du défunt, de Sfax et de Gafsa, sont en route vers Tunis pour rejoindre ce mouvement et réclamer la dissolution de l'Assemblée nationale constituante (ANC)