Turquie. Les mille visages des contestataires d'Istanbul

Publié le par portable batterie - ordinateur portable batterie

Le parc Gezi, à Istanbul, hier. Là où tout a commencé...

Kémalistes et communistes, supporteurs de football, syndicalistes ou philosophes à barbe fleurie, les manifestants, réunis au parc Gezi, conspuent le gouvernement islamo-conservateur.

 

« Erdogan croit qu'il a une hypothèque sur nos votes. Qu'est-ce qu'il croit ? Que nous sommes des moutons qui le suivrons partout ? » Avocat de 25 ans, amoureux de l'époque ottomane et issu d'une famille conservatrice, Abdullah Simsek fait partie de ces « 50 % de la population turque » qui ont voté pour l'AKP aux législatives de 2011. Mais il soutient les manifestations qui entrent dans leur neuvième jour en Turquie, à l'image de nombreux jeunes qui ont voté pour Erdogan de retour en Turquie ce jeudi.

« La répression de la police a été démesurée »

« J'étais au parc Gezi les deux premiers jours. C'était une manifestation entièrement pacifique, innocente. Mais la répression de la police a été démesurée. » Il décide alors de publier sur son blog un manifeste intitulé « Les objections d'un pieux ». Il y dénonce toute sa déception vis-à-vis d'Erdogan, en particulier l'autoritarisme, l'intolérance et le clientélisme que le parti favorise. « Les chaînes télévisées ont ignoré les événements pendant plusieurs jours car ils avaient peur de fâcher Erdogan. Cela veut dire que nous ne sommes informés que de la manière qu'Erdogan souhaite. C'est terrible », estime-t-il.

Ces « résistants de l'AKP »

Ces « résistants de l'AKP », comme on les appelle dans les médias turcs, font de plus en plus entendre leur voix. Une lettre incendiaire écrite par un manifestant de 33 ans a été lue par des milliers d'utilisateurs sur les réseaux sociaux. « L'Erdogan qu'on souhaite est celui qui a fait son célèbre discours de balcon (où il promettait de devenir le Premier ministre de tous les citoyens, NDLR), pas celui d'aujourd'hui », écrit Bülent Peker.

 

Le parc Gezi, lieu de départ de la révolte, accueille des manifestants de tous les horizons, y compris des milieux conservateurs. À quelques mètres d'un groupe qui fait du yoga, on peut voir de jeunes hommes en train de faire leur prière en plein air. « La révolution, ce n'est peut-être pas pour tout de suite, mais toutes les révolutions débutent comme ça. Quand le peuple commence à savoir ce qu'il veut et à le réclamer, tout devient possible », affirme Elif Sinirlioglu, une militante trotskiste de 30 ans.

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Publié dans Actualités

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